De bonne heure et de bonne humeur, on me récupère en mini-van à 7h afin de partager le « quotidien » de Mister Pi dans sa campagne de Chiang Mai.
Nous nous retrouvons donc à 10 français pour cette journée qui s’annonce haute en couleur au vue du dynamisme de notre guide et son originalité à mélanger habilement la langue Française !
Ce tour, uniquement accessible par Facebook (BANTHI TOUR) est proposé principalement aux touristes Français, langue bien pratiquée par notre meneur de troupe. J’ai trouvé cette excursion grâce à un couple de Lyon rencontré lors de mes plongées sur Koh Tao. Il en coûtera 1 600 bath pour la journée complète, y compris le gargantuesque repas du midi.
Une communication joyeuse et une bonne entente s’installe tout de suite dans notre petit groupe composé de deux copines Sophie et Isabelle, ainsi que Mireille et Mireille, Françoise qui sera elle bien intéressée par mon passage calédonien et enfin la petite famille de Frédérique et Franck avec leurs enfants Léonie et Arthur.
Cela me fait un bien fou au vu de la journée bien asiatique de la veille !

Le premier arrêt se fera chez Pi, notre guide où sa femme nous accueillera chaleureusement. Sa maison, entièrement en teck est surélevée, comme une grande majorité des maisons en bois de la région, afin de se protéger de la montée des eaux et autres coulées de boues, la mousson peut être violente.
Sa maison réserve de nombreuses surprise avec entre autre des élevages de criquets (que je ne manquerais pas de goûter !), de grenouilles et de poissons-chats. Il nous expliquera que les insectes sont couramment vendus sur les marchés une fois frits. Les amateurs sont nombreux dans le pays de ses friandises salées !
Bien qu’en majorité bouddhiste, les Thaïlandais s’octroient tout de même le droit de manger d’autres animaux vivants.
Le prochain arrêt, non loin de là, nous permet de visiter une coopérative montée avec l’aide de Mister Pi où des femmes sont en charge de tisser sur « d’anciennes » machines en bois avec des mouvements très répétitifs. Je serais impressionnée par la précision et la finesse du tissage de ces femmes. Ils utilisaient auparavant les fils de soies qui sont maintenant remplacés au fur et à mesure par des fils synthétiques.
La matinée est instructive et très joyeuse, un vrai bon moment est en train de se passer !
Nous poursuivons notre route pour arriver à la deuxième maison de notre guide. En effet, sa femme vit actuellement avec sa belle-mère suite au décès de son mari, c’est une tradition ici qui ne manquerais pas d’être à l’origine de nombreuses blaque de notre Thaïlandais monté sur pile ! Il ne s’arrêtera pas de la journée, et ce sera une bonne occasion pour moi d’entendre un pur local sortir des expressions comme « tranquille, Emile » ou « en voiture Simone ! » avec son petit accent !
Une grande table nous attend avec un « poste à cuisiner » prêt à chacune de nos places. Je peux également voir au fond de la cuisine que plusieurs pianos n’attendent que nous ! Après une découverte de cette belle maison au cadre reposant et coloré, nous voilà donc partis pour la réalisation de plusieurs plats typiquement Thaïlandais : une soupe au curry vert (curry vert que nous ferons nous-même), un pad thai, un sauté de choux de chine, un poulet sauté et une salade fraîche pour faire passer le tout !
Nous serons des cuisiniers avec des assistantes merveilleuses qui récupèreront à chaque manipulation nos outils de cuisson sales ! Ce sera encore une fois un bon moment de partage autour d’un bonheur universelle : la bouffe !
Je ne dévoilerais pas les secrets de recettes afin de laisser la découverte à ceux qui dégusteront mes tentatives de réalisation ! Mais il faut savoir que le curry vert, qui est une pâte à base de nombreuses épices, en est une très piquante…donc à utiliser avec modération, j’en ferais les frais avec la soupe ! En tout cas, cette activité aura fait de moi une nouvelle adepte de la cuisine Thaï, un vrai régal.
Une fois le café dégusté, Pi nous annonce qu’une sieste est proposée, voire fortement recommandée ! Un peu normal au vu du nombre de plats que nous avons dus déguster sans pouvoir en finir un seul. Nous voilà donc partis pour une sieste générale avant d’être embauchés dans les rizières.
Après notre pause méritée, Pi nous emmène dans une seconde coopérative, montée cette fois-ci pour permettre aux personnes âgées qui ne peuvent plus travailler en rizière d’avoir un petit revenu afin de survivre. Et oui, ici la retraite n’existe pas malgré le travail intense que demandent les rizières. Un peu d’humilité s’impose pour nous. Ces personnes sont donc en charge de la fabrication d’objets en tous genres réalisés à base de noix de coco. Que ce soit un simple bol, des outils de cuisine, bijoux ou encore jouets pour enfants, tout est vendu au profit de la communauté. Certains d’entre nous tenterons même quelques pas en échasses … encore une bonne rigolade au rendez-vous.
La dernière étape avant la rizière se fera quelques rues après chez un ami de Mister Pi qui nous présentera la tradition des combats de coq. A première vue, nous ne sommes pas emballés. Puis Pi nous explique que contrairement à d’autres pays, comme Bali, les coques n’ont pas de lames de rasoirs accrochées à leurs pattes (imaginez la boucherie…). Et oui, ici les coqs sont de grands bosseurs reconnus bichonnés par leur maître. Des protections comme des gants de boxe sont accrochés et entre deux rounds, les maîtres lavent à grandes eaux les sportifs. Un bon coq ramène pas mal de Bath à son propriétaire et vit ensuite une bel retraite avec ses poules pondeuses ! Un vrai business qui provient d’une tradition ancestrale venant d’une légende qui dit que l’ancien roi de l’ancien Birmanie mit au défi le roi du Siam avec un combat de coq afin d’éviter des pertes humaines pour des conflits de terres !
Après la découverte d’un nouveau sport, nous voici à l’ultime étape de notre journée : la session plantation du riz. Mister Pi, nous informe que la région est propice à la production du riz grâce à ses pluies généreuses et son sol qui est chargé en eau. La région de Chiang Mai est donc avantagée et se permet de faire deux voire trois récolte par an contre une dans le Nord du Vietnam.
La plantation de riz se divise en plusieurs étapes : la plantation des premiers plants, un passage d’attente pour permettre la multiplication des plants, ensuite on passe à la phase de « débroussaillage » à laquelle nous participerons, qui consiste à retirer les « touffes » de plants pour les dédoubler et les séparés plus afin d’éviter leur étouffement. Une fois les plants venus à maturation (environs 2 mois), il faut de nouveau remettre les bottes pour arracher chaque plants, ceux-ci sont ensuite séchés quelques jours puis « tapés » afin d’en extraire les grains de riz. C’est un travail long et éprouvant car en grande partie passé plié en deux dans des rizières instables ! Un grand respect à ces agriculteurs de tous âge, je ne vois plus le riz de mon assiette de la même manière à présent.
Une photo de groupe, et voilà que notre journée s’achève déjà ! Nous avons passés une journée culturellement intéressante, où l’humain est une priorité et toute une batterie de solution se met en place afin que personne ne sois mis de côté, sans oublier la dégustation du midi et la bonne humeur générale qui resteront longtemps dans ma mémoire !
Quelques jours de repos m’attendent afin de préparer le « grand entretien » que je dois réaliser avec mon patron pour évoquer mon avenir et les prochaines opportunités (et oui faut travailler pour continuer tout cela!). Prochaine visite prévue dans un des parcs nationaux, un point de vue connu m’attend !