N’ayant pas eu, apparemment, assez de sensations fortes la veille, nous décidons de partir en solo sur le chemin précolombien nommée trek El Choro pour une marche de 2,5 jours comme vu dans un blog auparavant (la marche en tour se fait sur 3 jours et pour 850 bolivianos ce qui est beaucoup trop pour nous !).
Max prend la tente et l’équipement pour nous faire à manger, ainsi que les charges lourdes alimentaires car on ne sait pas comment mon corps est capable de survivre avec 3 jours de marche ! Je prends donc mon duvet, de quoi me changer pendant 2 jours, et la nourriture plus légère.
Nous trouvons toute la nourriture dans une petite épicerie à côté de l’hotel, au menu : saucisson français ramené par Max, des petits pains, du riz, thon et sardines, des noodles, quelques citrons, du sucre … et une petite bouteille de rhum pour le moral des troupes ! On achètera un bruleur au gaz compact et sa bouteille pour pas cher, La Paz regorge de boutique pour les montagnards et campeurs ! On craquera pour un chicheron de poulet (poulet frit) avec ses patates juste avant d’arriver à La Cumbre afin de compléter le menu !
Départ tardif pour nous, je l’avoue, car il faut compter presque 2h pour accéder au départ du sentier à La Cumbre donc. On prend d’abord un collectivo sur la place centrale de San Francisco (direction Fatima) pour accéder au terminal de Minasa où les autres collectivos démarrent dès qu’ils sont pleins pour La Cumbre. Compter 2 bolivianos pour le premier et 20 pour le second. Bien penser à demander à se faire déposer à l’entrée du Sentier par ce dernier.
On croisera régulièrement des petits offices pour s’enregistrer, c’est-à-dire noter son nom afin de s’assurer qu’on termine le sentier … çà rassure !
Nous ne payons rien à l’entrée et commençons donc notre ascension de 4 600m à 4 900m jusqu’au mont Apacheta. Ces 3km de montée seront très éprouvantes et dures pour moi en raison du manque d’oxygène et du petit poids sur mes épaules ! Mais malheureusement, les nuages et la pluie approche, on doit impérativement se dépêcher … Arrivé au sommet vers 12h30, çà ne manque pas, on fait une mini-photo et la pluie verglacée nous tombe dessus. Evidemment, je suis trempée et ravie d’avoir proposé cette sortie ! Le vent froid va me glacer la peau mais on s’en fout, il faut descendre pour sortir de ces nuages qui enferment les montagnes et le décor !
Une fois sortis du beau temps, on arrive sur un petit site archéologique où un groupe de lama se la coule douce, on en profitera pour les mitrailler avec nos Nikon ! Ce sera aussi le moment pour une petite pause pain-sauc’ qui fera un grand bien … et nous laissera le temps de finir de sécher ! La vue sur la Vallée est superbe mais la descente précédente, en plus du climat, se fait sur des cailloux glissants venant de l’érosion de la montagne avec quelques passages bien serrés où le chemin a carrément disparu !
On poursuit assez rapidement notre chemin, car en regardant la carte, on s’aperçoit que nous sommes bien loin (4km) du premier poste d’information et d’enregistrement… et les nuages remontrent leurs nez !
Çà ne manque pas, une pluie torrentielle et froide s’abat sur nous. Mais nous sommes des bons MacGyver en herbe, on sort alors ma grande couverture de survie, on se couvre avec au début en se mettant accroupis … mais la pluie ne cesse pas, donc chacun un bout de couverture dans la main, au-dessus de nos têtes et on poursuit le chemin … nous avons besoin d’un abri ! La route sera longue pour accéder au refuge de semaña pampa à 3 600m et assez glissant sur ces marches de pierres montrant bien que nous sommes sur un chemin inca. On arriva à faire quelques photos entre les gouttes mais il nous manque encore le grand décor montagneux !
Un petit maté de coca au refuge et on discute…. Il nous reste 14 km à faire sur une durée annoncée de 4h pour arriver à notre premier camping, et il est 15h … on se tâte à rester au refuge pour y passer la nuit tellement la pluie ne veut pas s’arrêter. Mais non, on est des malades donc c’est reparti avec notre couverture de survie sur la tête pour essayer de descendre rapidement. La pluie finira par cesser, mais les pieds sont fatigués de cette descente sportive en sautillant comme on peut !
Le premier indicateur de notre avancée sera le pont situé à la ville de Chucura situé à 3 000m. C’est assez étrange de voir une école, tout un petit village perdu ici dans ces montagnes sans accès routier réel !
Fiers de nous, on sera très efficaces et nous arriverons à Challapampa situé à 2 800 m seulement 3h après, juste avant le coucher du soleil pour avoir le temps de se laver dans la rivière (froide) et de monter la tente ! Le repas sera frugal : riz et restes de chicheron, avec nos petits pains saucissons et un bon petit rhum pour se réchauffer ! On rencontrera deux filles qui se sont fait « avoir » par l’attrait du tour… même leurs sacs de couchages n’ont pas survécu à la pluie, çà annonce une belle nuit pour elles ! Pour nous, la nuit à l’abri sera au top avec le bruit de la rivière pour nous bercer !
Deuxième jour, on se lève tranquillement vers 7h, un petit thé-pain-chocolat et citronnade maison (hmm) pour préparer la journée et nous voilà sur le chemin de nouveau. Une grosse journée s’annonce pour nous car nous ne voulons pas nous arrêter au village de Kusillunani comme les filles pour le tour, mais au village d’après afin d’avoir une dernière journée moins éprouvante… C’est parti donc pour 8km afin d’arriver au point de vue sur la rivière d’El Choro, on monte, on descend sur un chemin avec des pierres très glissantes, surement des anciennes marches encore du chemin inca, où la flore commence à se densifier … un petit goût de Calédo ressort pour nous ainsi que la température qui remonte progressivement !
Au pont del Choro, situé à 2 600m, on remonte pendant presque une heure sur une pente un peu hard mais qui réchauffe les cuisses, çà fait du bien de monter après autant de descente ! La montée-redescente continue une nouvelle fois mais dans des chemins de terre plus agréable à parcourir. On atteint un second pont où une pause déjeuner s’impose car çà fait plus de 4h qu’on marche. Bain de pied raffraichissant et noodle-saucisson-pain bienfaisants, on repart pour une petite montée, annoncée d’une heure et demi, faux 30 min après nous voilà déjà à Kusillunani. Ce ne sera pas nôtre lieu de repos, on repart pour 3h30 de marche assez intense.
Cette partie sera dure pour nous, la journée se fait longue, et le sentier remonte et redescend avec un enchainement de cascades et passages de rivière, encore un petit pont à la Indiana Jones, flore dense et colorée. Un passage intense mais beau à passer !
Nous voilà enfin à Sandillani, où le micro-village propose plusieurs spots pour le camping. On choisira la place en terrasse avec une vue incroyable sur la vallée … çà valait vraiment le coup de tirer un peu sur le sentier pour arriver à cet endroit que les filles du tour ne verront même pas !
Une bonne nuit arrosée d’un orage violent, mais à l’abri grâce à notre super tente, on prend un peu notre temps au petit déjeuner pour entamer la descente ultime vers le village de Chairo. Celle-ci sera facile après les 2 jours que nous venons de passer, à peine 1h30 ! J’en profiterais pour remplir mon sac plastique des déchets éparpillés sur le sentier…à faire pour le geste écologique …mal au cœur de voir ce beau décor entaché par ces détritus !
Un trek donc Intense comme le titre l’indique mais tellement varié en flore, passage de rivière et petite faune qu’on ne sera pas déçu du voyage.