Dernier jour sur Cusco, check out fait à 11h, il me reste donc une belle journée à occuper avant mon long trajet jusqu’en Bolivie … et oui, l’aventure péruvienne s’arrête déjà après un mois bien chargé en découvertes et émotions.
Il me reste donc la tournée des églises pour laquelle j’ai déboursé les 30soles lors de mon passage à l’église San Cristobal tout en haut de Cusco.
Peu de photos seront disponibles car interdites dans l’ensemble des lieux de cette matinée.
Le templo de San Blas
Je commence par le templo de San Blas situé dans la rue du même nom. Cette rue est notamment connue pour l’ensemble des petits restos et bars forts sympathiques ! On peut également y trouver de nombreuses petites boutiques d’artisanats à des prix très variables !
Celui-ci a été construit sur un sanctuaire Inca dédié au culte du dieu des « orages » en 1550. Ce temple est surtout connu pour sa chaire sculptée en cèdre (endroit où les prêtres font leurs oratoires). C’est apparemment l’œuvre la plus surprenante de la menuiserie artistique du style churrigueresco espagnol réalisé par Juan Tomas Tuyro Tupac (descendant de lignée inca).
Le Musée Arzobispal
Ce musée est une ancienne maison d’archevêque transformée afin de faire découvrir les richesses de l’art cusquénien en matière de religion. Le Boleto Integral a un avantage, c’est qu’il inclut l’audio-guide en français … je prendrais donc mes notes que je vous retranscris ci-dessous … ne cherchez pas les images !
– Les archanges sont très présents dans l’art cusquénien mais pas représentés avec des armes et armures comme en Europe. Ils le sont avec des arquebuses (armes ramenées par les espagnols). Ces divinités ailées n’ont pas eu de mal à trouver une place dans la culture indigène car déjà vénérées par les andins.
– La vierge de Belen, patronne de Cusco est représentée souvent en « triangle » afin de se rapporter aux montagnes vénérées par les andins. Elle sera souvent représentée avec une Jésus emmitouflé et porté à la façon andine.
– Pour l’ensemble des tableaux de types religieux, souvent commandés par de grandes familles, on représentait en premier plan la personne qui avait commandé cet œuvre. Il arrivait, lors de conflit entre différentes familles, qu’on demande à représenter les opposants sous forme de satan : on peut observer une petite guerre de peinture !
– Les deux calendriers, andin et catholique, se confondent avec la fête du soleil et le Corpus Cristi une fois par an donc. On trouve énormément de grande peinture représentant ce défilé annuel qui a lieu dans les rues de Cusco et partout dans les grandes villes. C’est la seule fête qui a réussi à mélanger toutes les traditions des anciens peuples et des conquistadors.
– On trouve également une chapelle dans le musée consacrée à l’exaltation de Marie. Il y a un très grand autel recouvert d’or 22 carats (d’où l’interdiction des photos je pense). J’y verrais toutes sortes de tableaux représentant donc cet évènement religieux important. La représentation de la trinité (le père, le fils et le saint esprit) par exemple est ici faîte avec des visages humains identiques, ce qui est interdit par l’église dans le monde occidental. Ici, pas le choix, c’était pour que la population andine puisse mieux interpréter les évangélistes (un seul dieu créateur). Dans cette chapelle se trouve également le premier orgue amené en amérique latine lors de la conquête espagnole.
La Cathédrale de Cusco
Celle-ci est en fait constituée de 3 édifices : le temple de la Sagrada Familia, la Catedral et le temple Del Triunfo.
Le premier a été construit, encore une fois, sur un cimetière colonial entre 1723 et 1735. On trouvera le style baroque et rococo en grande partie, avec toutes ses dorures.
Je découvrirais que les retables avec beaucoup de miroir sont une spécificité du coin. En effet, ceux-ci ont été interdit en europe car les miroirs signe de vanité. Pour s’adapter au peuple andin, qui en faisait le rapprochement avec le dieu Inti (dieu du soleil), une dérogation a été autorisée.
L’autel est recouvert de feuille d’or et présente un autel en argent pur !
La basilique ensuite, a été construite, elle, sur le palais de Vicococha (Inca) mais sa construction a été retardé suite au grand tremblement de terre de 1650. Marco Zapata est l’artiste le plus connu de Cusco et celui qui aura laissé le plus son empreinte dans cette basilique.
J’y verrais la Virgen del Carmen, mère les populations métisses située sur un grand autel à l’entrée de la basilique afin de cacher les croyants lors de la messe.
Encore beaucoup de représentation des différents saints vénérés ici, mais je serais surtout impressionnée par la quantité d’or et d’argent utilisée pour les décorations. On ne cherche plus où est parti le pillage des conquistadors sur les incas ! Par exemple, l’autel principal de la basilique a nécessité 1250kg d’argent pur pour sa réalisation !
Enfin le dernier temple, celui Del Triunfo, prend son nom suite à la victoire des espagnols sur les incas en cet endroit. La vierge y serait apparue pour protéger les conquistadors … mais avec un message de réconciliation pour les deux peuples … mouais !
Voilà après cette matinée très instructive religieusement, j’ai rendez-vous avec Oscar, mon pote espagnol du Machu Picchu, pour un petit cours sur le chocolat ! Il fallait que je m’occupe et sa proposition est tombée à point nommé !
Le cacao toute une histoire !
Petit cours historico-géographique pour commencer :
– Les principales zones de productions sont situées en Afrique Centrale avec 35% de la prod mondiale puis l’amérique du sud et l’océanie. Les américains se positionne sur le fait qu’ils n’ont qu’une ou deux récoltes par an car organique (bio) tandis que l’afrique fait de la surconsommation de pesticides.
– Les plus gros consommateurs sont …. Les suisses !! (enfin je pense que les chiffres ne prennent pas en compte que beaucoup de français va là-bas pour en acheter). Nous ne serions que 4ème après l’Autriche et le Royaume-Uni … à voir !
Le cacao pousse sur un arbre autour duquel d’autre plantes sont mises en place afin de parfumer celui-ci (banane, coca…). Une fois récoltée, la cabosse de cacao est mise dans les cagettes en bois afin de laisser place à la fermentation. Ces cagettes sont souvent recouvertes de feuilles de bananes pour la protection et le parfum ! La suite, c’est moi qui vais le faire et le découvrir en même temps !
Comment faire du chocolat !?
Etape 1 : on fait torréfier les graines de cacao dans un récipient en argile jusqu’à ce que celles-ci « sautent ».
Etape 2 : on retire la couche protectrice des graines pour ne garder que l’intérieur. Un « thé » de chocolat est fait avec le reste des épluchures…mmm un délice.
Etape 3 : on écrase comme il faut les graines pour obtenir une sorte de pâte cacaotée. Le gras contenu dans la graine fait le liant pour cette poudre…d’où l’énergie pour faire une pâte !
Etape 4 : le « chef » nous mélange la pâte avec de la cannelle, des clous de girofle…et du lait de cochon d’inde !! un petit chocolat chaud 100% péruvien au top ! Le chocolat que l’on déguste en Europe vient des conquistadors qui ont piqués la recette en y ajoutant du sucre car un peu trop amer pour leurs palais ! La boisson appelée « théobroma » vient du grec « boisson des dieux » qui n’était donc savourée que par des élites religieuses !

Etape 5 …. On reprend un chocolat brassé depuis 24h pour faire nos propres chocolats car pour le moment rien n’égale un bon « mélangeur » en français pour faire une vraie pâte fluide auquel du lait peut-être ajouter.

Une journée donc très instructive pour la tête et l’estomac … je peux partir du Pérou avec la sensation d’avoir vu ce que je voulais voir. Mais je pense revenir tant il y a de paysage, cultures et autres découvertes…
Maintenant direction pour un bon périple par Puno au sud puis Copacabana pour arriver ensuite à La Paz !