J+65 … La Vallée Sacrée

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Je réserve mon mercredi, après une journée repos-massage la veille avec les copains, pour faire le tour en express des principaux sites de la Vallée Sacrée. Normalement, ces visites se font en deux jours mais le planning Bolivien approchant et le passage de la frontière me semblant épique, je choisis le day-tour dans une autre agence que pour le Machu Picchu. Il m’en coûtera 80soles pour le transport, repas du midi et le guide ; l’ensemble des sites étant inclus dans le BTC (Boleto Turistico del Cusco). Départ prévu à 7h de l’agence située en plein centre.

Chincheron et les techniques textiles Incas

Nous ne rentrerons pas dans le site, mais le verrons en version panoramique, ce qui n’est pas plus mal ! C’est un ensemble de terrasse servant à l’agriculture intense de la région. Leurs murs sont légèrement inclinés comme sur les autres sites afin de permettre une meilleure résistance aux séismes. La preuve, l’église du village est tombée lors du violent séisme de 1920 tandis que les terrasses n’ont pas bougé !

On apprendra que non loin existe l’ancienne mince de Puerto Maldona qui était à l’origine de l’abondance d’or et d’argent dans l’art Inca (l’or pour le soleil et l’argent pour la lune). Un coquillage, la concha avalon, était la monnaie de l’époque car plus rare en ces montagne et valait beaucoup plus que les minéraux !

On poursuivra notre route jusqu’au centre traditionnel du textile du village. On y apprendra tout d’abord que, dans les traditions de la région, les femmes avec beaucoup de tresses sont célibataires, tandis que les femmes avec une ou deux sont, elles, mariées.

On nous explique ensuite comment sont réalisés les tissages traditionnels à l’aide de la laine d’alpaga (3 sortes en fonction notamment de l’âge de la bête). Cette laine est alors nettoyée à l’aide d’une racine, dont le nom m’a échappé, qui sert de détergent naturel. Elle est ensuite filée avec une sorte de « toupie » en bois puis mise en pelote pour être colorée. Les colorants sont tous naturels : la chilca, une plante, pour le vert ; la coyafilo pour le jaune ; la cacasunca pour le marron/orange ; cuisancucha pour le blanc ; le maïs violet de la région pour cette même couleur et la cochenille bien connue pour le rouge. Elle ajoutera même un peu de citron pour changer le ton de rouge !

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Un moment très instructif où j’en sortirais avec mon beau bonnet péruvien !

Le site de Moray

En Quechua, Moray, initialement Aymoray, signifiait « champ de maïs ».

C’est un ancien laboratoire agricole Inca idéalement situé dans la Vallée Sacrée à 3 500m d’altitude. Ce site est constitué de 3 sortes « d’amphithéâtre » en cercle avec une déclinaison de terrasses. Un est restauré, le premier, l’autre en cours et le dernier non restauré.

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Beaucoup d’expériences étaient donc réalisé ici, afin « d’acclimater » les graines de maïs et de pomme de terre, entre autres mais aussi fruits tropicaux comme ananas, aux hautes altitudes et le climat associé. C’est ainsi que tout poussait sur le Machu Picchu et dans l’ensemble de la Vallée Sacrée. Ces trois « cercles » sont à des hauteurs différentes afin de permettre une acclimatation progressive de ces plants. A cela, on ajoute les différentes hauteurs des terrasses internes pour amplifier ces principes de « micro-climat ». Ils arrivaient donc grâce à ce système à créer des différentes de températures jusqu’à 5° entre le centre et le haut des terrasses !

On pourra voir sur les photos de plus près qu’un système de marches encastrées dans les murs des terrasses était fait pour éviter la moindre perturbation climatique. L’eau provenait elle d’un bassin de rétention réalisé en haut du site, et était acheminé à travers les rigoles que l’on voit sur chaque terrasse.

Le site est rénové à 60% actuellement.

Les salineras de Maras

La ville de Maras est située à 3 300m avec une vue superbe sur la Vallée Sacré. Elle présente, à quelques virages en contrebas, des salineras qui ont envahis les flancs montagneux et rendent le paysage spectaculaire.

Ce lieu est payant, 15soles, car ne dépend pas du gouvernement Péruvien mais de l’association de plusieurs familles de la région qui font tourner le secteur.

Pourquoi et comment du sel ?? Tout simplement grâce à une source saturée (+de 60%) en chlorure de sodium qui est située à l’entrée du site ! 3500 bassins en terrasse permettent alors de produit près de 200 tonnes par an, chaque terrasse contenant en général une couche de 10cm de sel.

3 types de sels sont produits car il existe 3 couches de superposition des chlorures en fonction de leurs densités : le blanc, sel de table classique et première couche, le second est rose et privilégié pour les viandes et enfin le « noir », le plus dense, servant principalement à des voies médicamenteuses (douleurs, arthrite, fatigue …).

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Ce site était un centre militaire Inca, cependant les bâtiments et pierres dateraient entre 400 et 600 avant JC.

Cette forteresse est constituée de 5 étages de terrasses côté ravin et 6 côté vallée, et en grande partie en porphyre, une pierre très difficile à travailler car très dure. En plus de cette complexité de travail de la pierre, à ce site s’ajoute la prouesse d’avoir pu amener ces énormes blocs à ces hauteurs impressionnantes (venant d’un site situé à 6km de là !).

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Je pourrais y admirer en contrebas, et une nouvelle fois, les technologies avancées pour la gestion de l’eau avec le temple à la Fontaine et ses canaux.

La montagne située en face du site est considérée comme Sacrée car un grand chaman (dont j’ai oublié le nom) aurait été figé dans la pierre : il faut une bonne dose d’imagination pour voir apparaître le corps et le visage de celui-ci (voir photo).

Pisac

Situé à 2 972m d’altitude, le village de Pisac est très artisanal et offre des cours sur le travail de l’argent, très reconnu dans la région. Celui-ci accueille l’un des sites les plus connus de la Vallée Sacrée : les ruines de ses terrasses.

Nous ne ferons qu’un passage express malheureusement car en fin de cette journée marathon-visite … le site fermant à 17h et nous arrivant à 16h30 !

Je ne verrais donc pas les temples situés en hauteur comme le Temple du Soleil…mais me contenterais des terrasses agricoles datant du monde Incas et toujours utilisées actuellement. Ces terrasses forgent le paysage montagneux, celles-ci accrochées de haut en bas du flanc de la montagne.

On apprendra que ce site servait à 3 choses : utilisation militaire pour défendre l’entrée de la Vallée Sacrée, utilisation cérémonielle avec tous les temples de la culture Inca représentés et utilisation agricole avec ses cultures en terrasses.

Le nom de Pisac viendrait en Quechua de « Pisac’a » _ la perdrix, forme qu’aurait l’ensemble des terrasses vue du haut !

Derrière les terrasses, tout en haut, on trouvera des percées dans la falaise qui seraient des tombes des anciens villageois. Cette découverte est récente et due à un tremblement de terre qui aurait fait tomber les minces couches obstruant ses tombes (ainsi que les pilleurs locaux …).

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